Préconisations 2020

Installer la problématique des salariés-aidants au cœur de l’entreprise ;
sensibiliser le corps social et outiller les relais ; informer sur les droits existants et ouvrir des droits spécifiques à l’entreprise.
Pour une meilleure prise en compte des salariés-aidants, trois axes guident nos préconisations et les traduisent en douze actions concrètes pour 2020.

Comment…
Installer la problématique des salariés-aidants au cœur de l’entreprise ?

      1. Formaliser un engagement au niveau des instances dirigeantes et le faire connaître, notamment auprès de la ligne managériale.
        Pour créer une dynamique de confiance propre à libérer la parole des salariés et la bienveillance du corps social, il revient au COMEX d’être exemplaire et d’engager toute l’entreprise en faveur des salariés-aidants. Les relais naturels de cette nouvelle approche seront les managers. A charge pour eux de s’en emparer dans leurs prises de paroles internes et externes.
      2. Signer un accord en faveur des salariés-aidants avec les partenaires sociaux.
        Validé et signé par les partenaires sociaux, l’engagement d’entreprise en faveur des salariés-aidants gagnera en force d’expression et d’action.
      3. Soutenir des initiatives et/ou des associations qui œuvrent à améliorer la situation des aidants en entreprise.
        Qu’elles soient individuelles ou associatives, toutes les initiatives sur le sujet des salariés aidants doivent être entendues et encouragées.

        Comment…
        Sensibiliser le corps social et outiller les relais ?

      4. Proposer une formation de sensibilisation aux directeurs et managers de proximité.
        Pour jouer pleinement son rôle auprès d’un salarié en situation d’aidant, le manager de proximité doit être sensibilisé à deux niveaux :
        – le comportement approprié à adopter ;
        – la connaissance des démarches d’accompagnement et d’actions existantes.
      5. Définir des process et modalités de prise en compte des cas individuels confrontés à la situation.
        Un salarié qui se déclare en situation d’aidant doit être vu comme une alerte. Déstabilisation, pression, crise personnelle potentielle… Pour le prendre en charge rapidement, la chaîne des intervenants et de leurs responsabilités respectives doit être parfaitement définie.
      6. Identifier et animer un réseau de relais internes/référents au service des salariés-aidants.
        A chaque entreprise de définir ses référents et relais les plus efficaces en fonction de sa gouvernance des sujets de diversité et d’inclusion. La bonne information est un élément clé du climat de confiance nécessaire à la déclaration des salariés-aidants.
      7. Encourager le mécénat de compétences au profit des associations qui aident les aidants.
        Si l’entreprise dispose d’un dispositif de mécénat de compétences, il peut et doit être mis à profit des associations qui soutiennent les aidants.

        Comment…
        Informer sur les droits existants et ouvrir des droits spécifiques à l’entreprise ?

      8. Créer un certificat de salarié-aidant qui constitue une reconnaissance formelle de la situation particulière des salariés concernés.
        La confiance, c’est la clarté. L’entreprise doit définir les conditions qui rendent un collaborateur éligible au statut de salarié-aidant.
      9. Editer un guide du salarié-aidant intégrant les droits existants et l’information connexe.
        Pour les nouveaux aidants, l’information sur leurs droits et les dispositifs existants est un appui essentiel. Pour être complète, cette information doit aussi préciser ce que propose l’entreprise et la façon d’en bénéficier.
      10. Donner accès à une formation aux gestes de premiers secours et médicaux pour les salariés-aidants.
        Ce point est trop souvent négligé alors qu’il est capital dans la nouvelle vie qui attend les aidants. Certaines associations proposent une telle formation, mais l’entreprise peut aussi l’anticiper.
      11. Mettre en place des dispositifs d’aménagement du temps de travail, sous différentes formes (jours de répit, dons de RTT, aménagements d’horaires…).
        Autant d’aménagement nécessaires pour assurer confort et répit aux salariés aidants.
      12. Souscrire à un dispositif de soutien extérieur (ligne d’appel, aide à domicile, plateforme de services…) pour ses salariés-aidants.
        Le salarié-aidant a besoin d’être conseillé (droits, démarches administratives…), mais aussi accompagné (présence, aide à domicile…). C’est en l’aidant qu’il pourra se ménager et continuer à s’investir dans sa vie professionnelle.

Pour soulager les salariés-aidants, la volonté ne suffit pas. Il faut agir grâce à des actes concrets impliquant tous les acteurs de l’entreprise. Du Comex au salarié en passant par les partenaires sociaux et les manageurs, il revient à chacun de prendre ses responsabilités.

Christophe Morange

Directeur de la Communication et de la RSE de La Mutuelle Générale